Histoires de ce qui compte le plus pour les Canadiens Entendues à bord de trains VIA Rail

01/17/2018
Des étudiants du projet Challenge for Change (C4C) ont pris le train tout l’été pour s'entretenir avec des Canadiens

Ottawa, Ontario — Les passagers de VIA Rail tissent plus que jamais des liens depuis le lancement d’une nouvelle série de balados qui suscite la réflexion sur le système de divertissement à bord des trains de VIA Rail du corridor Québec-Windsor. Il s’agit de la première fois que VIA Rail offre une chaîne baladodiffusée à ses passagers.

Le balado, intitulé C4C Conversations, a été créé à partir de conversations entre des Canadiens que six chercheurs de Mitacs ont enregistrées — trois étudiants en journalismes de l’Université Carleton, à Ottawa, et trois de l’Université Ryerson, à Toronto — qui ont passé leur été à voyager d’un bout à l’autre du Canada en train, à faire la rencontre et à écouter d’autres passagers. À partir de ce mois-ci, les passagers pourront profiter de la série de 10 émissions lorsqu’ils voyagent en train.

Travaillant au nom de Challenge for Change, un organisme médiatique sans but lucratif ayant vu le jour en 2016, et financé par Mitacs, un organisme national de recherche et de formation sans but lucratif, les étudiants ont enregistré des entretiens candides entre des centaines de passagers, en passant par des amis à des étrangers, pour préparer une compilation unique de dialogues francs, honnêtes et naturels sur des sujets allant de l’intimidation, au parentage, à la peur et à l’appartenance, à ce que cela signifie d’être Canadien. 

Animé par le populaire rédacteur de médias sociaux pour Buzzfeed Canada, Elamin Abdelmahmoud, le balado a pour but d’« inspirer tous les Canadiens à s’écouter réellement les uns les autres et à penser à ce que c’est de se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre », explique Brittany Spencer, productrice principale, une étudiante de a Ryerson qui a obtenu son diplôme depuis et qui travaille à la CBC à Charlottetown.

« C’est extrêmement satisfaisant d’avoir immortalisé cette collection d’entretiens incroyables et de savoir qu’ils ont le potentiel d’avoir un impact sur la vie des gens », dit Brittany, qui explique que l’objectif global est de renforcer la compréhension entre différents groupes de Canadiens qui n’auraient autrement pas l’occasion d’entendre ce que l’autre a à dire.

« Ce sont leurs paroles, leurs pensées et leurs sentiments qui sont rapportés – même de parfaits inconnus tissaient des liens entre eux, relate-t-elle. Nous espérons que nos auditeurs seront encouragés à poursuivre le dialogue, et peut-être même des discussions de leur propre gré. »

Un thème récurrent dans chaque conversation est le désir d’un sentiment d’appartenance, que ce soit du point de vue d’un immigrant récent, d’une personne autochtone ou d’un individu transgenre, expliquent les étudiants.

Un dialogue en particulier, entre Peggy, âgée de 55 ans, et Pete, un jeune visiteur de l’Angleterre, et si touchant qu’il est diffusé comme épisode spécial et indépendant, dit Brittany. « Peggy a parlé de son expérience en tant qu’enfant dans le système de pensionnat autochtone d’une manière si candide; c’était incroyablement puissant », explique-t-elle, en précisant que Pete n’était pas au courant que les écoles religieuses avaient été sous le financement du gouvernement canadien dans le but d’assimiler les enfants autochtones à la culture euro-canadienne.

Les étudiants de Mitacs ont pris le train à deux, travaillant avec des employés de VIA Rail pour trouver des volontaires pour partager leurs histoires. Une femme a décidé de partager son témoignage d’accouchement de son fils mort-né. Or, elle découvre par la suite que sa voisine de siège rentre chez elle après les funérailles de sa sœur.

« Ils ont parlé de deuil de manière très compatissante et ouverte, se rappelle Brittany. C’était incroyable de voir des inconnus, provenant de pôles différents du pays, tisser des liens ».

Le caractère unique de ce projet tient du fait que les étudiants en journalisme n’étaient pas à la recherche d’histoires spécifiques, mais ont permis aux sujets de se développer naturellement.

« Nous avons contribué à ouvrir le dialogue et nous avons laissé le reste évoluer tout seul. En majeure partie, nous étions là pour écouter et pour offrir une plateforme pour que différentes voix puissent se faire entendre », explique Maureen McEwan, étudiante à Carleton qui poursuit une maîtrise en journalisme. « Nous ne cherchions pas un clip parfait. Nous étions un peu invisibles durant le processus. »

Pour Maureen, l’un des moments les plus révélateurs est arrivé lorsqu’un arrêt prévu à Churchill, au Manitoba, a été annulé lorsqu’une inondation a rendu les voies impraticables. Elle a fini par passer du temps à Ilford et à Thicket Portage, deux communautés autochtones qui dépendent du train pour les services essentiels, où elle a acquis une nouvelle perspective des défis auxquels sont confrontées ces communautés isolées.

« C’était intéressant de voir le contraste entre les jeunes qui prennent le train comme divertissement avec leur carte Canada 150 et les difficultés des communautés situées au Nord où le chemin de fer fait partie de la vie, raconte Maureen. La rencontre des résidents du nord du Manitoba était le moment le plus marquant de mon été et j’espère poursuivre ma recherche et renouer avec eux à l’avenir. »

Selon Jennifer Bauer, rédactrice en chef, Communications et Marketing de VIA Rail, « ce projet nous a beaucoup intéressés dès le début. Du point de vue de notre patrimoine et Canada 150, bien sûr, mais aussi parce que notre travail est de rapprocher les gens, dans tous les sens du mot. L’objectif de cette série de baladodiffusions novatrice est d’être à l’écoute de nos passagers, ce que nous essayons de faire quotidiennement ».

La directrice générale de C4C, Cindy Witten, dit que le projet n’aurait pas été possible sans le soutien de VIA Rail et de Mitacs, qui ont aidé à financer le salaire des étudiants.

« Mitacs a vu la possibilité pour notre organisme de joindre ses forces avec de talentueux étudiants à la maîtrise, déclare Mme Witten. Leur participation nous a permis de tester et d’évaluer la méthodologie pour un impact social potentiel. Au cours de ce processus, nous avons rencontré beaucoup de personnes incroyablement généreuses et recueilli de magnifiques histoires. »

Les partenaires fondateurs de Challenge for Change (C4C) sont la Fondation Inspirit, la MacMillan Family Foundation et l’Office national du film du Canada en partenariat avec VIA Rail Canada, Discourse Media et Mitacs.

En plus d’être disponible sur VIA Rail, le balado C4C Conversations est accessible sur iTunes, Google Play et Stitcher.

Faits en bref

  • Mitacs est un organisme national sans but lucratif qui conçoit et met en œuvre depuis 18 ans des programmes de recherche et de formation au Canada.
  • Les stages Mitacs servent d’intermédiaire entre les entreprises et les organismes ainsi que des étudiants des cycles supérieurs et des chercheurs postdoctoraux qui mettent leur expertise spécialisée à profit pour relever des défis de recherche.
  • De concert avec 60 universités, des milliers d’entreprises ainsi que les gouvernements fédéral et provinciaux, Mitacs établit des partenariats qui appuient l’innovation industrielle et sociale au Canada. Ouverts à toutes les disciplines et tous les secteurs de l’industrie, les projets peuvent couvrir un large éventail de domaines tels que la fabrication, les processus opérationnels, les TI, les sciences sociales, la conception et plus.
  • Mitacs est financé par les gouvernements fédéral et provinciaux ainsi que des partenaires universitaires et des organismes partenaires.

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Heather Young
Directrice, Communications
Mitacs
hyoung@mitacs.ca
604-818-0020