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La « femme aux poissons » de l’Université Carleton propose de nouveaux outils pour la conservation des pêches

Pour certains, cela a pu sembler étrange lorsque ma collègue Neethi Mahesh du Mahseer Trust India (MTI) et moi quittions notre minuscule station de recherche chaque matin, chargées de notre attirail de pêche et de randonnée, s’arrêtant à intervalles de quelques mètres pour balayer la surface de l’eau à l’aide d’une antenne et prenant des notes.

Pourtant, les gens du village de Valnur dans le district de Kodagu (Coorg) nous ont regardées sans sourciller, nous donnant affectueusement le surnom de « femmes aux poissons » et nous invitant dans leur maison pour prendre un repas et dans leurs temples lors de festivals. Ils ont écouté la description de notre projet et offert des points de vue inestimables concernant leurs relations avec leurs collectivités, leur fleuve et le mahseer.

Le mahseer à nageoires bleues (Tor khudree) du Kaveri fait actuellement partie de la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Les populations de cette espèce sont gérées par la Coorg Wildlife Society (CWS) sur une section de 35 kilomètres du fleuve à Valnur où elles sont très prisées pour les pêches récréatives avec remise à l’eau.

Dans le cadre de ma recherche de doctorat dans le domaine des pêches récréatives durables, j’ai collaboré avec le MTI, la CWS et bon nombre de pêcheurs bénévoles pour évaluer l’incidence physiologique de la pêche avec remise à l’eau sur le mahseer à nageoires bleues.  Sur une période de trois mois, nous avons attrapé 40 mahseers et leur avons installé un émetteur radio externe. Avec le soutien financier de la Bourse de recherche Mitacs Globalink, nous voulions examiner leur comportement après leur remise à l’eau pour déterminer s’il y avait des signes d’effets à plus long terme pouvant affecter la population.

À partir du moment où nous avons installé le premier émetteur radio sur un poisson, nous avons suivi l’espèce selon trois échelles chronologiques différentes : plusieurs heures après leur remise à l’eau pour évaluer leurs comportements immédiats, chaque jour pour observer leur rétablissement et subséquemment leurs comportements habituels, et toutes les heures au cours de périodes de 24 heures pour en apprendre davantage sur leurs déplacements quotidiens et l’utilisation de leur habitat.

Nous n’avons pas fait que travailler pendant le projet! Nous avons tenu un camp pour les enfants et leurs familles de Valnur et de Bengaluru pour faire connaître notre passion pour la conservation et la biodiversité de l’eau douce. Nous avons également tenu une causerie et une séance en ligne pour les pêcheurs de Bengaluru afin de parler des pratiques exemplaires pour la pêche récréative du mahseer.

Ce projet était le premier du genre en Inde : la première étude portant sur les effets sublétaux de la pêche avec remise à l’eau sur le mahseer, la première à étudier le comportement du mahseer, et la première à recueillir des renseignements sur les habitudes dielles (migrations verticales quotidiennes) du mahseer et l’utilisation de son habitat. C’est donc dire que chaque jour, nous engrangions les premières et de nouveaux renseignements, tous d’une importance vitale pour la gestion durable des pêches et des espèces. Rien de tout cela n’aurait été possible sans l’appui du programme Globalink de Mitacs.


Mitacs tient à remercier le gouvernement du Canada et le gouvernement de la province du Québec pour leur soutien à l’égard du programme de Bourses de recherche Globalink. De plus, Mitacs est fier de collaborer avec des partenaires internationaux pour appuyer ce programme, notamment Campus France et Inria de la France, le ministère du Développement des ressources humaines (MHRD) de l’Inde et le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique de la Tunisie, Japan Society for the Promotion of Science ainsi que la Mission Universitaire de Tunisie en Amérique du Nord.